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Et d'abord, l'historique de LA COMMUNE


Comme dans de nombreux sites de la plaine de Caen, Demouville conserve dans son sous-sol des traces anciennes de l’occupation humaine : silex taillés et vestiges d’habitations de l’âge du bronze et de l’âge du fer. Des fragments de chemins gallo-romains, puis de sépultures du Haut Moyen-Age attestent la continuité de la présence d’une population dans cette zone. La naissance du "village" aurait pour origine l’implantation, vers le Xe siècle de Domold (ou Dormwald) dont le nom évoque l’origine nordique de l’immigration viking. Domoldvilla, la maison de Domold, deviendra Demouville .Ce village sera suffisamment important pour construire au XIIIe siècle une église. La seigneurie de Demouville est détenue depuis au moins le XVIe siècle par une famille Bénard, de petite noblesse. Au cours du XVIIe et surtout du XVIIIe siècle, l’actualité de Demouville se partage entre l’agriculture et les métiers du bâtiment : maçons, tailleurs de pierre, charpentiers et couvreurs ; un boulanger, un forgeron, un ou deux aubergistes cabaretiers complètent ainsi l’organisation du village. Au début du XVIIIe siècle, l’alliance des Bénard avec une famille Bonnet voit le partage de la seigneurie qui, à la fin du siècle, ne sera plus revendiquée que par les Bonnet. Cette période est celle d’une certaine prospérité, comme dans toute la région. On construit, on reconstruit beaucoup de maisons. Le gros œuvre de l’église n’est pas modifié mais reçoit alors une décoration particulièrement somptueuse. A la Révolution, le village doit s’adapter aux exigences des gouvernements successifs. Les Bonnet s’engagent nettement pour la République et dirigent la commune. Les Formage (qui ont hérité, par mariage, des propriétés Bénard) conservateurs restent discrets. Un bourgeois de Caen, Bon-Etienne Planquette, enrichi dans l’industrie de la teinturerie, avait, dès 1787, acheté des terres à Demouville, il continua à agrandir son domaine dans les années suivantes. C’est lui qui fit bâtir vers 1800, le "château", alors simple maison de maître à un seul étage. Sous la Restauration, les Bonnet vendent leurs dernières terres et quittent Demouville. Nicolas Goujon de Saint-Thomas, qui a épousé une fille Formage, devient maire. Jusque vers 1850, l’activité agricole est importante, secondée toujours par celle du bâtiment. La population atteint 500 habitants. L’église, trop petite pour les jours de fête, est agrandie de deux travées supplémentaires du bas-côté. 

Mais la crise agricole de la seconde moitié du XIXe siècle atteint Demouville, les jeunes sont obligés de quitter le village pour trouver des emplois dans les industries naissantes. L’obtention de la ligne de chemin de fer Caen/Dozulé, ouverte en 1881, permet cependant de soutenir l’exportation des produits agricoles, malgré l’éloignement de la halte qui avait été placée, après bien des discussions, à Giberville.  Ce n’est qu’après de longs efforts, que Demouville aura sa gare en 1897. Il y a alors moins de 400 habitants. Malgré ces difficultés, les municipalités successives font de gros efforts (et de sacrifices) pour bâtir l’école en 1863, bien avant que l’enseignement soit obligatoire et payer l’indemnité de scolarité à la place des familles nécessiteuses. Avec l’achat en 1867 d’une maison, agrandie d’une salle de classe en 1874, l’enseignement des filles est aussi réalisé. Un lavoir, alimenté par une pompe, est installé au centre du village, pour faciliter les lessives familiales. L’implantation de la SNM (qui deviendra plus tard la SMN) à Colombelles permettra la reconversion de la commune. Mais, ouverte à la veille de la guerre de 14, connaissant de grosses difficultés ensuite, ce n’est que peu à peu qu’elle fournira des emplois. Dans l’entre-deux guerres, Demouville accueille aussi des travailleurs étrangers et s’ouvre à des cultures différentes. Dès 1920, la municipalité s’intéresse à la proximité de la ligne électrique reliant Caen à Colombelles et arrive à électrifier le village dès 1922-23, bien avant les grands plans nationaux. Une modernisation se met en marche, stoppée par la guerre de 1939. Juillet 1944 fut un mois terrible. Au cours de deux opérations, 80% des maisons de Demouville furent détruites ou endommagées. En particulier la rue de l’église, à l’habitat très dense est entièrement dévastée. Les Demouvillais se serrent (souvent une seule pièce par famille) dans ce qui est encore debout, comme le château. Celui-ci, surélevé dans la seconde moitié du XIXe siècle est depuis 1874, la propriété de la famille David qui avait un magasin de vêtements à Caen. Il est actuellement devenu un Institut Médico-Professionnel. La reconstruction sera l’occasion de mettre en place un nouvel urbanisme plus aéré et adapté à l’habitat résiduel : rues plus larges, agrandissement de la place de la Mairie sur les rues du Centre et du Château où se trouvent les commerces. Puis, à partir des années 60, Demouville connaît une expansion régulière due à sa proximité de Caen. Deux exploitations maintiennent encore une activité agricole, tandis qu’une zone artisanale se développe entre la route de Rouen, et l'A13.»